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Le secret pour gérer les crises des enfants

Dernière mise à jour : sept. 21

Les crises des enfants sont un enjeu pour toute la famille et tout le personnel éducatif qui gravite autour d'eux.


Vous êtes parfois découragés, fatigués, désemparés car gérer la frustration au quotidien gâche les moments de bonheur. Ces moments trop répétitifs abîment la relation et le lien d’attachement.

Vous souhaitez le meilleur pour vos enfants mais bien souvent l'exemplarité idéalisée d'une bonne éducation fait place à des actions violentes ou négligentes.


Alors comment avoir la bonne attitude devant ses successions de crises émotionnelles, d'oppositions, de fortes colères.

Certains enfants se mettent dans des états émotionnels quotidiennement ; il/elle refuse, s'oppose, crie, répond, insulte, tape, mord, fuit, se bloque et même se fait du mal à lui/elle-même.


la première recherche de la cause s’effectue avec des spécialistes et les causes physiologiques doivent être exclues (carences, fatigue…).


Vers l'âge de 2 ans les enfants ont une succession d'apprentissages mentionnés dans les périodes sensibles de Maria Montessori. A deux ans l'enfant est plus spécialement dans le développement de l'acquisition du language et de l'ordre. Le manque de communication peut l'amener à ressentir de grosses frustrations et comme les neurosciences l'ont démontré à cet âge l'enfant est incapable de réguler ses émotions et ses peurs. De 3 à 6 ans l'enfant expérimente les comportements sociaux. Un pic à lieu a l'entrée à l'école avec une période d'adaptation au changement et à l'inconnu. Ce nouveau rythme est très soutenu, dans un environnement qui sollicite énormément les sens ; le bruit, l'afflux de demandes, les bousculades dans les couloirs, les néons des lumières, les écrans commencent à prendre beaucoup de place...


Mais après 7 ans les crises peuvent continuer ou commencer. Parfois les besoins particuliers, (dyslexie, hyperactivité, trouble de l'attention, haut potentiel, trouble du spectre autistique, hypersensibilité, trouble du comportement, situation familiale particulière...), identifiés chez l'enfant mettent souvent en lumière une difficulté dans le développement des habiletés affectives et sociales, qui a ce stade du développement, pose un souci pour que l'enfant puisse s'adapter à un milieu standard. L'enfant est désemparé par tous ses ressentis contradictoires et commence à réaliser sa différence. Il/elle renforce encore plus ses comportements gênants, se dévalorise et la dégringolade vers la violence éducative ordinaire est très facile.


Vous êtes spectateurs et acteurs de ses moments de détresse où chacun de vos demandes ou propos est susceptible de déclencher la crise. Vous marchez sur des oeufs pour réussir un juste équilibre entre éducation et avoir la paix.

C'est bien légitime après une énième crise de ne plus savoir comment agir, comment aider l'enfant. Vous essayez toutes les techniques; la communication bienveillante et non violente, puis vous reformulez le ressenti de l'enfant, vous faites preuve de compréhension, mais quand même ce n'est pas possible ces réactions, il faut que ça s'arrête, c'est parceque je suis pas assez douce/ferme... et la pensée panique. C'est dans ses moments là que le terrible sentiment d'impuissance apparaît. La perte de contrôle de la situation, le manque de pouvoir, la panique de ne pas savoir, de ne pas pouvoir aider, de ne pas éduquer...


Le voici on le touche du doigt le secret ; le sentiment d'impuissance de l'adulte.


Ce sentiment d'impuissance se traduit par de nombreuses réactions éducatives qui sont très souvent soit l'autoritarisme soit le laxisme. Par exemple la douche froide, enfermer dans sa chambre, un claque ou la fessée, jeter ou confisquer la moitié de sa chambre...


Le secret c'est de travailler sur soi, son attitude et ses réactions face à l'impuissance afin de pouvoir accueillir avec justesse ses comportements gênants et pouvoir au fil et à mesure du temps les réorienter vers des solutions plus adéquates pour l'enfant, en essayant de lui amener des outils pour se connaître mieux et s'accepter avec ses différences. Il est important de lui offrir un soutien par des spécialistes et vous faire entourer.


Travailler sur l'impuissance permet et donne une place où il ne se passe rien pendant la crise ; vous êtes juste là, présent, en silence, vous respirez et attendez. Vous attendez que votre regard sur la situation change, ou que de nouveaux outils lus une fois dans un article refassent surface, ou que vous trouviez une astuce pour désamorcer la crise, ou que quelqu'un arrive et change la dynamique du moment, ou qu'un espace de compréhension s'ouvre....Bref vous attendez et en attendant vous vous permettez l'inaction, le calme intérieur. Vous prenez petit à petit un regard extérieur et distant sur la situation, vous avez accès à la méta communication (au-dessus de).


Et comme par magie votre attitude se modifie, l'enfant la perçoit, la ressent et peut se remplir de votre attente, cette attente où vous n'attendez rien, ou votre regard est neutre, votre attitude est sans jugement. Il/elle se met à attendre avec vous, attendre que son émotion passe...


J'attends vos commentaires et expériences face à l'impuissance.



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